• Fan absolu de Chopin, Mourad va enfin avoir droit à son propre piano. Une récompense amplement méritée, compte tenu de son talent et de sa passion.

    Un prodige de 14 ans

    À 14 ans, Mourad est un jeune prodige doté d’une volonté hors-norme. Puisqu’il n’a pas de piano (alors qu’il maîtrise cet instrument à la perfection), cet adolescent des quartiers nord de Marseille se rend régulièrement à l’hôpital de la Timone dont le hall contient, justement, un piano. Une passion dévorante qui, heureusement, a fini par le faire remarquer !

    Un jour, alors qu’il jouait dans le hall de l’hôpital, une personne plus curieuse que les autres a approché Mourad, l’a interrogé et l’a filmé. Depuis, sa vidéo est devenue virale et Mourad a acquis une petite notoriété… et s’est enfin vu offrir un piano ! Une belle histoire résumée ici dans un joli reportage signé France 3. Regardez :

     

    Une récompense méritée. Il aurait été dommage qu’un tel musicien soit plus longtemps privé d’instrument. Et puis, quel plaisir de voir ainsi se briser un cliché.

    Un prodige de 14 ans

    L’histoire ne s’arrêtera peut-être pas là puisque André Manoukian, pianiste et ancien jury de la Nouvelle Star, a réagi au tweet de Marston213 en disant : « I’m In ! Envoyez ses coordonnées bordel ! »… Lui voudrait jouer dans un orchestre.

    Un prodige de 14 ans

    Un prodige de 14 ans

    Vive la musique et belle carrière à Mourad.


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  • Visionnaire, Martguerite Yourcenar avait, entre autres, ressenti l'absolue nécessité d'enseigner l'écologie aux enfants, et ce, dès leur plus jeune âge.

    En décembre 1981, Marguerite Yourcenar publiait Les Yeux ouverts, sorte d’autoportrait littéraire évoquant de nombreuses réflexions personnelles, parmi lesquelles ce superbe passage consacré à l’éducation des enfants.

    Les yeux ouverts

    Quelle éducation pour nos enfants ? À cette question, l’écrivaine (première femme à entrer à l’Académie française) apportait une réponse tout à faite innovante et moderne. Éducation morale, éducation sexuelle, éducation religieuse et même, éducation à l’écologie : sur chacun de ces points, Marguerite Yourcenar aurait voulu des enfants pleinement conscients du monde, avec toutes ses forces mais aussi tous ses pièges et toutes ses fragilités. Passionnant et, 38 ans plus tard, toujours autant d’actualité.

    Les yeux ouverts

    Extrait :

    « Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant.
    Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.
    Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.
    On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.
    On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie. ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.
    On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.
    En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.
    On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.
    Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait. »

    Les yeux ouverts

    Un texte frappé au coin du bons sens, non ?


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  • La France ayant souvent guerroyé, elle compte plus de 150 000 monuments aux morts. Et parmi eux, savez-vous combien sont considérés comme pacifistes ? Quelques dizaines seulement. Alors que notre pays se rappelle ses morts, l’occasion est trop belle, pour une fois, de mettre en lumière ces quelques monuments qui dénoncent la guerre plutôt que de la glorifier.

    Que maudite soit la guerre

    Rien que la Première Guerre mondiale a fait tomber 1 350 000 français. Une hécatombe sans nom qui valait bien un hommage. Seulement voilà, trop souvent, pour que ces morts aient un sens, on a cru devoir célébrer l’art et la nécessité de la guerre. À l’époque, raconte l’historienne Annette Becker dans L’Express.

     « dire que la guerre en soi est une mauvaise chose et ne devrait jamais exister, c’était renier la mémoire de ceux morts au front. »

    Résultat, seules une poignée communes ont osé contrevenir à cet état d’esprit et honorer leurs morts tout en maudissant la guerre. Quelques exemples :

    À Royère-de-Vassivière (Creuse)

    Sur la sépulture de Félix Baudy, soldat fusillé pour l’exemple en 2015 :

    « Maudite soit la guerre, maudits soient les bourreaux. Baudy n’st pas un lâche, mais un martyr. »

    Gentioux (Creuse)

    Sur le monument, un orphelin lève le point, le regard porté sur 58 noms, avec l’inscription suivante :

    « Maudite soit la guerre. »

    Que maudite soit la guerre

     Sainte-Savine (Aube)

    Inauguré le 12 novembre 1922, ce monument recense les morts de la commune ainsi que ceux de La-Rivière-du-Corps, la commune voisine. En haut de sa face sud, ces quatre mots :

    « Guerre à la guerre. »

    Rocles (Allier)

    Sous un visage d’enfant, cette inscription :

    « Apprenons à supprimer la guerre. »

    Meillard (Allier)

    Sur le monument aux morts, une plaque :

    « Maudite soit la guerre et ses auteurs. »

    Lezoux (Puy de Dôme)

    « Aux enfants de Lezoux, victimes de la guerre, à ceux qui ont combattu pour l’abolir. »

    Saint-Appolinaire (Rhône)

    Ici, le monument porte la célèbre phrase de Paul Valéry :

    « La guerre est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui, eux, se connaissent mais ne se massacrent pas. »

    Saint-Martin-d’Estréaux (Loire)

    Trois inscriptions sur le même monument :

    « Si vis pacem, para pacem (si tu veux la paix, prépare la paix). »

    « Maudite soit la guerre et ses auteurs. »

    « les Innocents au poteau d’exécution. »

    Dardilly (Rhône)

    « Contre la guerre, à ses victimes, à la fraternité des Peuples. »

    Que maudite soit la guerre

    « Que l’avenir console la douleur. »

    Éguzon-Chantôme (Indre)

    Cette citation d’Horace :

    « Bella matribus detestata » (Les mères détestent la guerre).

    Tournecoupe (Gers)

    « Avec l’espoir qu’il n’y aurait plus de guerre. »

    Avion (Pas-de-Calais)

    « La ville d’Avion à ses enfants, victimes civiles et militaires. Tu ne tueras point. »

    Equeurdeville (Manche)

    Que maudite soit la guerre

    « Que maudite soit la guerre. »

     Clans (Alpes-Maritimes)

    « Maudits soient les responsables de la guerre et honneur à ceux qui ont travaillé pour la paix. »

    Mazaugues (Var)

    Citant successivement Marx et Jean Jaurès :

    « L’Union des Travailleurs fera la paix dans le monde / L’Humanité est maudite si, pour faire preuve de courage, elle est condamnée à tuer éternellement. »

    Gy l'Évêque

    Que maudite soit la guerre

    Que maudite soit la guerre

    Que maudite soit la guerre

    Une page Wikipédia recense tous les monuments aux morts pacifistes de France, d’Allemagne, de Belgique et d’autres pays. C’est ici.

    On a trop souvent voulu donner un sens à la guerre pour donner un sens à la mort. Il est pourtant possible d’honorer les disparus sans glorifier ce qui les a tués. Ces monuments en sont la preuve. 


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  •  CE BOULANGER CULTIVE UN BLÉ DU MOYEN ÂGE POUR EN FAIRE UN PAIN PAUVRE EN GLUTEN.

    Grâce à une variété de blé remise en terre par son père il y a quelques années, Paul fabrique désormais sa propre farine et son propre pain.

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    Pour manger mieux, peut-être faudrait-il commencer par produire autrement. C’est le choix qu’a fait Paul, un paysan-boulanger qui, près de Nîmes, fabrique son pain à partir d’un blé datant du Moyen Âge.

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    Ce blé très ancien, c’est la Touzelle. Tombé dans l’oubli, il a été redécouvert par Henri, le père de Paul, il y a quelques années. Depuis, notre boulanger en cultive sur 3 hectares, ce qui lui permet de fabriquer sa propre farine dans son propre moulin, et de faire cuire son propre pain, un pain rare et particulièrement pauvre en gluten. Regardez (un reportage signé France 3 Occitanie) :

     

    Henri, le père de Paul :

    « J’ai semé à la main, d’abord dans mon jardin, puis après un peu plus grand, puis je récoltais à la faucille. »

    L’histoire commence il y a 20 ans, quand le père de Paul, Henri découvre la graine de blé dans des ouvrages anciens. Il décide alors de la cultiver. Henri trouve des graines au conservatoire de l’INRA, il se lance alors dans la culture, exactement comme à l’époque, sauf qu’aujourd'hui elle a une particularité, elle est bio !

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    Il faudra attendre environ sept pour qu’Henri produise sa première farine avec cette graine de blé. Puis en 2009, il passe la main à son fils Paul, qui maintenant moud son blé dans son propre moulin.

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    Henri a créé une association qui permet de diffuser des graines de cette variété ancienne a d’autres artisans. Quant à Paul, lui, vend les petits pains.

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    Un travail de patience et de passion qui, aujourd’hui, permet d’alimenter des supermarchés bio en pains sûrs et sains. Un immense bravo.


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