• Aujourd'hui, la loi française considère les arbres comme des objets. Cette association entend changer la donne pour que leur soit reconnu le statut d'être vivant.

    Le 5 avril dernier, l’association A.R.B.R.E.S a présenté sa « Déclaration des droits de l’arbre » en lecture à l’Assemblée nationale. Un texte qui vise à protéger la vivant avec à la clé, qui sait, une inscription de l’arbre comme être vivant dans le Code civil ?

    Les droits de l'arbre

    Lors du colloque “Les arbres remarquables, un patrimoine à protéger” qui s’est tenu au Palais Bourbon au début du mois d’avril, l’association des amoureux de la nature qui oeuvre pour la protection des arbres d’exception a présenté les cinq articles qui composent son texte.

     

    « Ce texte a pour vocation de changer le regard et le comportement des hommes, de leur faire prendre conscience du rôle déterminant des arbres au quotidien et pour le futur, en ouvrant la voie à une modification rapide de la législation au niveau national »

    Cette « Déclaration des droits de l’arbre » vise à reconnaître officiellement l’arbre comme un être vivant (article 1) et sensible (article 2). Deux bonnes raisons de lui accorder tout le respect qu’il mérite et de cesser de le « réduire à un simple objet. » Le texte entend donc faire de l’arbre « un sujet de droit, y compris face aux règles qui régissent la propriété humaine » (article 3).

    if chapelle La Haye de Routot (Eure)

    if chapelle de La Haye de Routot (Eure)

    Pour finir, les deux derniers articles établissent une distinction entre « arbres remarquables » et arbres d’exploitation. Pour l’association, les premiers, de part leur ancienneté et leurs caractéristiques hors normes, devraient être protégés comme «monuments naturels». Les seconds, bien qu’ils échappent à certains critères cités dans les articles précédents, devraient malgré tout être traités dans le respect de leur cycle de vie.

    Les droits de l'arbre

    ifs de La Lande Patry (Orne)

    Voici le texte dans son intégralité :

    Article 1:

    L’arbre est un être vivant fixe qui, dans des proportions comparables, occupe deux milieux distincts, l’atmosphère et le sol. Dans le sol se développent les racines, qui captent l’eau et les minéraux. Dans l’atmosphère croît le houppier, qui capte le dioxyde de carbone et l’énergie solaire. De par cette situation, l’arbre joue un rôle fondamental dans l’équilibre écologique de la planète.

    Les droits de l'arbre

    chêne chapelle de Allouville-Bellefosse (Seine-Maritime)

    Article 2:

    L’arbre, être vivant sensible aux modifications de son environnement, doit être respecté en tant que tel, ne pouvant être réduit à un simple objet. Il a droit à l’espace aérien et souterrain qui lui est nécessaire pour réaliser sa croissance complète et atteindre ses dimensions d’adulte. Dans ces conditions, l’arbre a droit au respect de son intégrité physique, aérienne (branches, tronc, feuillage) et souterraine (réseau racinaire). L’altération de ces organes l’affaiblit gravement, de même que l’utilisation de pesticides et autres substances toxiques.

    Les droits de l'arbre*

    hêtre pleureur de Roubaix (Nord)

    Article 3:

    L’arbre est un organisme vivant dont la longévité moyenne dépasse de loin celle de l’être humain. Il doit être respecté tout au long de sa vie, avec le droit de se développer et se reproduire librement, de sa naissance à sa mort naturelle, qu’il soit arbre des villes ou des campagnes. L’arbre doit être considéré comme sujet de droit, y compris face aux règles qui régissent la propriété humaine.

    Les droits de l'arbre

    sophora de Montry (Seine-et-Marne)

    Article 4:

    Certains arbres, jugés remarquables par les hommes, pour leur âge, leur aspect ou leur histoire, méritent une attention supplémentaire. En devenant patrimoine bio-culturel commun, ils accèdent à un statut supérieur engageant l’homme à les protéger comme «monuments naturels». Ils peuvent être inscrits dans une zone de préservation du patrimoine paysager, bénéficiant ainsi d’une protection renforcée et d’une mise en valeur pour des motifs d’ordre esthétique, historique ou culturel.

    Les droits de l'arbre

    tilleul aux épousailles de Lucheux (Somme)

    Article 5:

    Pour répondre aux besoins des hommes, certains arbres sont plantés puis exploités, échappant forcément aux critères précédemment cités. Les modalités d’exploitation des arbres forestiers ou ruraux doivent cependant tenir compte du cycle de vie des arbres, des capacités de renouvellement naturel, des équilibres écologiques et de la biodiversité.»

    Les droits de l'arbre

    chêne de Tombebœuf (Lot-et-Garonne)

    Les droits de l'arbre

    genévrier millénaire d'Opoul (Pyrénées-Orientales)

    Les droits de l'arbre

    olivier de Roquebrune (Alpes-Maritimes)

    Les droits de l'arbre

    orme de Villesèquelande (Aude)

    Les droits de l'arbre

    thuya géant de Siradan (Hautes-Pyrénées)

    Pour espérer voir un jour l’arbre inscrit comme être vivant dans le Code civil, une proposition de loi devra être déposée par un membre du Parlement, député ou sénateur. Des volontaires ?


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  • A Tourcoing, une crèche s'est installée dans une maison de retraite. Ce qui fait plaisir aux seniors mais aussi aux enfants.

    Une crèche dans un EHPAD

    Comment créer du lien intergénérationnel aujourd’hui ? Cet établissement qui combine crèche et maison de retraite permet aux seniors de rompre avec la solitude et de transmettre leurs savoirs aux futures générations.

    Une crèche dans un EHPAD

    Ce partenariat est né en 2012, à Tourcoing, entre l’ancienne directrice de l’Ehpad des Orchidées et la fondatrice des crèches Rigolo Comme la Vie.

    Une crèche dans un EHPAD

    Elles se sont inspirées d’initiatives existantes en Belgique et aux Etats-Unis. Enfants et seniors se retrouvent pour partager différents ateliers (cuisine, sport, créations artistiques) plusieurs fois par semaine. 

    Une crèche dans un EHPAD

    De vrai moments d’échanges qu’enfants et seniors attendent avec impatience !

    Une crèche dans un EHPAD


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  • Une porte d'entrée, c'est symbolique. Et c'est précisément ce symbole que Bella Foxwell pourchasse armée de son appareil photo. Présentations.

    Les plus belles portes

    Si vous êtes de ceux qui pensent que nos villes devraient être moins grises et moins moroses, voici quelques photos qui devraient vous remonter le moral. À Londres, la photographe Bella Foxwell, immortalise les plus belles portes d’entrée. Résultat ? Franchement magique.

    Les plus belles portes

    Bella Foxwell compile ses plus jolis clichés sur une page Instagram intitulée The Doors of London (les portes de Londres). On y découvre une multitude de portes originales, colorées et, très souvent, fleuries.

    Les plus belles portes

    L’artiste s’est confiée sur le site Bored Panda :

    Les plus belles portes

     

    Les plus belles portes

    « J’ai ouvert ce compte comme un challenge il y a environ deux ans et demi. »

    Les plus belles portes

    « J’avais passé l’année précédente à créer des comptes pour de gros clients et je voulais voir si j’étais capable de faire pour moi ce que je prêchais pour les autres. Et comme j’étais déjà obsédée par les portes, cela m’a semblé être un choix naturel. »

    Les plus belles portes

     

    Les plus belles portes

     

    « Le meilleur moment, c’est quand vous tombez sur une rue pleine de magnifiques portes alors que vous ne saviez même pas qu’elle existait. Cela n’arrive pas souvent, mais quand cela se produit, c’est très excitant. »

    Les plus belles portes

    Les plus belles portes

    Pourquoi une telle passion pour les portes d’entrée ?

    Les plus belles portes

     

    Les plus belles portes

    « J’admire les gens qui mettent autant de fierté dans leur porte d’entrée, en particulier ceux qui sont très audacieux, avec une forte nuance de peinture ou un heurtoir extravagant. Et c’est aussi parce que les portes sont très symboliques. Elles représentent de nouvelles opportunités (…) Elles ont quelque chose de spécial.  »

    Les plus belles portes

    Les plus belles portes

    Les plus belles portes

    Les plus belles portes

    Les plus belles portes

    À l’image d’une porte d’entrée, un accueil peut être simple, chaleureux, extravagant, amical, grandiloquent. Peut-être qu’en observant attentivement la porte à laquelle ont vient de sonner, on peut deviner l’accueil qui nous est réservé.

    Les plus belles portes

    Les plus belles portes

    En tout cas, voici des portes qui méritent d’êtres prises en exemple !

     

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  • Dans une période « économiquement creuse », il décide de marcher vers Croissance, en partant de Précaire et en passant par Viré, L’Argent, La Banque...

    Depuis plus de 10 ans, Olivier Lemire, écrivain-voyeur, parcourt la France à pied. Dans tous les sens. Mais pas dans n’importe quels sens. Il a marché de La Vie à La Mort, de L’Amour à La Haine, de L’Enfer au Paradis… Nous avons eu le plaisir de croiser la route de « Celui qui marche ». Comme nous, laissez-vous porter par une voix et un récit qui font du bien.

    De lieu dit en lieu dit

    En 2008, las d’une vie confortable qui ne le comble pas totalement, Olivier décide de quitter son travail dans la com’ pour faire « autre chose ». Mais quoi ? Lui qui ne sait pas faire grand chose : « je savais marcher et j’aimais ça, c’est sûr, et j’étais pas trop mauvais à l’écriture », confie-t-il dans un sourire.

    Son goût pour la géographie française et la découverte des toponymes (noms donnés aux lieux-dits) feront le reste. Il marche désormais d’un lieu-dit à un autre, en quête de sens et de réponses à ses questions. Et s’invente, au passage, un métier : correspondant géographique.

    Son premier voyage, hautement métaphorique, il le fait entre La Vie, dans la Creuse, et La Mort, qui se situe juste à côté de Consolation dans le Doubs : « je me suis dit qu’on marchait tous de la vie à la mort et que c’était une bonne idée pour démarrer ce métier ». Tout un programme ! Suivront des voyages entre La Haine et L’Amour, Le Désespoir et L’Espoir, La Solitude et La Compagnie, vers les seize « Bout du monde » que compte l’hexagone même. Et tant d’autres. 

    De lieu dit en lieu dit

    Pour ses 50 ans, Olivier tentera même de nager dans Le Bonheur, une rivière, mais n’y parviendra pas. La raison ? « Un petit coup de mou », avoue-t-il dans un éclat de rire : « j’étais bon dans les délais, je suis bien arrivé devant la rivière le jour de mon anniversaire mais j’ai pas pu me baigner, j’ai fui  Le Bonheur ! ». Pour la petite histoire, Le Bonheur coule sur quatre kilomètres avant de se jeter dans un gouffre qui s’appelle… La perte du bonheur. Un mal pour un bien peut-être…

    De lieu dit en lieu dit

    Si la quête de sens est toujours présente dans les périples d’Olivier, d’autres motivations le guident : « je dessine mon parcours en fonction de mon actualité personnelle, de mes fantasmes aussi. Le voyage entre L’Enfer et Le Paradis, par exemple, j’avais choisi un «Enfer» dans le Morbihan et un « Paradis » en Charente, parce que je voulais voir la mer. C’est souvent une aventure esthétique».

     En 2013, alors dans une période « économiquement creuse », il décide de marcher vers Croissance, en partant de Précaire, dans La Manche, et « en passant par Viré, L’Argent, La Banque, La Bourse, etc. Enfin, un tas de trucs qui posaient problème à l’époque ». 

    De lieu dit en lieu dit

    « Je suis un correspondant géographique comme il y a des correspondants de guerre… Je raconte des histoires qui se nourrissent de ce que je vois sur les chemins, et des réponses aux questions posées aux personnes que j’y rencontre. Ces histoires sont nos histoires à tous. Je cherche à illustrer en marchant le sentiment mêlé de mystère et d’émerveillement du fait d’être posé là, sur terre ».

    C’est comme ça qu’il se retrouve à demander à la dame qui gare sa voiture sur le parking de L’Inquiétude si elle est inquiète. Ou à la femme qui vit à équidistance de La Vie et La Mort ce que ça lui fait.

    Parfois ésotérique, souvent sympathique, la rencontre avec les gens donne lieu à des récits qu’Olivier raconte dans ses livres, dans ses films, dans la presse, pour laquelle il rédige des sagas estivales, ou à des conférences.

    De lieu dit en lieu dit

    La rencontre, ça n’était pas son objectif principal en se lançant dans ces voyages au pays des lieux-dits, qui sont avant tout des voyages intérieurs. Plutôt taciturne et solitaire, Olivier confesse être « souvent en fuite avec les gens et ne passer qu’une dizaine de minutes à échanger avec eux», ce qui suffit à son travail de correspondant. Du moins au début, car au fil des kilomètres et au gré des rencontres, il apprécie de plus en plus ce contact qu’il évitait. Les randonnées littéraires sont ainsi nées, marches en groupe organisées sur les chemins empruntés par les hérauts de la littérature française. Une occasion, par exemple, de découvrir la cathédrale de Rouen avec le regard d’Emma Bovary, venue retrouver son amant Léon…

    De lieu dit en lieu dit

    Accompagner les gens, Olivier y a pris goût. En binôme avec Philippe Castan, coach-praticien de l’accompagnement professionnel, Olivier construit et co-anime, sur la base des thématiques de l’Entreprise ou de l’Institution (telles que « Le Bilan », « L’Alliance », « La Croissance », « Le But », « La Retraite », etc.), des stages intensifs de coaching et de formation pour des groupes, autour de lieux porteurs de Sens. 

    Depuis cinq ans, il marche avec les ressortissants d’un groupe de protection sociale vers La Retraite, lieu-dit de La Sarthe, pour les aider à passer ce cap de la vie professionnelle. Et savez-vous ce qu’il y a après La Retraite ?

    Ah, il faut visionner la vidéo pour le savoir

     

    Vous l’aurez compris, tant qu’il y a de la marche et du sens, la tête et les jambes en somme, Olivier est rasséréné. En 10 ans, il a ainsi fui Le Bonheur, fréquenté Le Paradis, s’est retrouvé bloqué aux portes de la Croissance (voir film Le Bout du Monde ci-dessous). Il a osé changer de métier pour changer de vie. Il s’est même créé un métier et travaille depuis à changer d’autres vies…

    De lieu dit en lieu dit

    Bref, pas à pas, il s’est (re)trouvé. Il a surtout compris que le bonheur ne se trouvait pas au bout du chemin… mais que le bonheur, C’EST le chemin !


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